La connaissance de l’écriture et celle de la lecture sont bien distinctes de la « connaissance des signes alphabétiques ». Elles sont acquises seulement quand « le mot » correspond au signe graphique, de même que le début du langage parlé n’est indiqué que par la première apparition de « mots » ayant une signification, et pas seulement de sons que pourraient représenter des voyelles ou des syllabes.
L’intelligence déclenche les mécanismes que la nature ou l’éducation ont préparés.
L’analyse des mouvements de l’écriture représente l’acte précurseur pour l’établissement de ces super-langages que sont l’écriture et la lecture. La composition de « mots » au moyen de signes graphiques ne doit pas nécessairement se confondre avec l’écriture et la lecture : aussi doit-on séparer cette activité qui peut être indépendante de son utilisation supérieure.
L’intelligence de l’enfant éprouve un « grand intérêt » devant ce fait étonnant de pouvoir représenter en mots rien qu’en mettant ensemble des signes symboliques – les lettres de l’alphabet !
Créer des mots, c’est bien plus passionnant, en principe, que de les lire ! Et aussi bien plus « facile » que de les « écrire », parce qu’il faut, pour les écrire, ce travail des mécanismes qui ne sont pas encore fixés.
Pédagogie Scientifique I – Maria Montessori
De mon point de vue, il s’agit d’un cercle vertueux. Une fois les enfants intéressés et investis par les activités de langage, les apprentissages s’enchaînent en général assez rapidement, entre écriture et lecture.
L’utilisation de l’alphabet mobile permet en effet de s’affranchir des difficultés motrices que peuvent rencontrer certains enfants et les faire entrer dans l’écriture sans graphisme.
Les activités spécifiques de lecture complètent ensuite leur apprentissage. Ils commencent par vouloir relire ce qu’ils écrivent (mots/messages) puis se spécialisent à travers le matériel de lecture.